Guerre en ukraine : la russie contourne les sanctions grâce à la thaïlande

La russie s'approvisionne en drones malgré les sanctions occidentales

Bonjour à tous ! Valérie Girard ici, de TechSolidarité. La guerre en Ukraine a intensifié la course aux armements, mais la Russie a trouvé une faille pour s’approvisionner en technologies de drones, en évitant, semble-t-il, les sanctions internationales. Une opération délicate, révélée par Bloomberg, qui passe par une route commerciale apparemment légale, via la Thaïlande. Commençons le décryptage de cette situation complexe.

Le circuit secret : chine – thaïlande – ukraine

Le circuit secret : chine – thaïlande – ukraine

Le mécanisme repose sur l'importation de drones fabriqués en Chine, via Bangkok, et leur acheminement vers le front ukrainien. L’astuce ? La Thaïlande ne requiert pas la déclaration de l'usage final des drones à l'importation. Cette absence de contrôle constitue une brèche dans les réglementations actuelles, rendant difficile, voire impossible, un blocage efficace par la législation en vigueur. Un véritable défi pour les régimes sanctionneurs.

Skyhub technologies : une entreprise discrète au cœur du trafic

Skyhub technologies : une entreprise discrète au cœur du trafic

L'entreprise thaïlandaise Skyhub Technologies, enregistrée comme société de location de voitures, joue un rôle central dans ce circuit. Bien que discrète, avec une présence physique limitée et un dirigeant peu visible, elle se positionne comme le deuxième plus grand importateur de drones chinois en Thaïlande, avec des achats dépassant les 20 millions d'euros en 2025, principalement auprès d'Autel Robotics. Le volume de transactions a explosé depuis 2022, en parallèle de l’intensification du conflit en Ukraine.

Des drones pour la cartographie. et le combat

Des drones pour la cartographie. et le combat

Les modèles de drones circulant sur cette route ne sont pas des prototypes militaires. Des modèles comme l'Autel EVO Max 4T, commercialisés pour la cartographie, l'inspection d'infrastructures ou la photographie aérienne, sont adaptés, avec des modifications mineures, pour le renseignement, la coordination du tir ou le transport de matériel explosif. Les drones FPV, plus abordables et plus nombreux, dominent les tranchées ukrainiennes et sont majoritairement d'origine chinoise.

Les sanctions tardent à arriver

Les sanctions tardent à arriver

L'Union Européenne et le Royaume-Uni ont récemment sanctionné des entreprises basées à Bangkok pour leur implication dans cette chaîne d'approvisionnement. Le Royaume-Uni a ciblé Thai Corp. en octobre 2025, pour un volume d'importations de drones chinois de plus de 140 millions d'euros. Les autorités thaïlandaises reconnaissent la situation, mais se défendent en arguant que la législation actuelle ne leur confère pas les outils nécessaires pour agir efficacement. Le Ministère du Commerce étudie des renforcements des contrôles d'exportation, mais sans date précise.

Un problème systémique et des solutions complexes

Cette situation met en lumière un problème systémique : les failles légales permettent de contourner les sanctions. Le Sud-Est asiatique est actuellement au centre de l'attention, mais ce schéma risque de se répéter tant que des lacunes juridiques existeront, rendant difficile une action unifiée et simultanée de tous les régimes sanctionneurs. La coopération internationale et une harmonisation des réglementations sont donc indispensables pour contrer efficacement ces contournements.

PaysVolume d'importations de drones chinois (2025)
Thaïlande> 20 millions d'euros
Russie> 120 millions d'euros

Restons informés, car cette situation évolue rapidement. N'hésitez pas à partager vos réflexions en commentaires !