Powell ralentit l'accélération : la fed évite le piège de la magie
Kevin Warsh a balancé l’expression « pas de baguette magique » à deux reprises, résumant la stratégie de la Réserve Fédérale (Fed). Le taux d’intérêt est resté dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %, une décision loin d’être unanime, et qui marque une divergence notable avec la gestion de Jerome Powell.
Un débat sur la voie, pas sur la destination
Warsh a souligné que le débat ne portait pas sur l’objectif, mais sur la manière d’y parvenir : maîtriser l’inflation, fixée à 2 %. Il a reconnu la pression des ménages et des entreprises pour une action immédiate, évoquant un délai de 63 mois d’augmentation des taux.

La complexité de l’ia et la prudence de la fed
Warsh tempère les espoirs liés à l'intelligence artificielle, arguant qu'elle complique l'analyse économique de la Fed. Il insiste sur la nécessité de modérer les attentes, rejetant l'idée d'une solution miracle. « Nous n’avons pas de baguette magique », a-t-il déclaré, « nous n’atteindrons pas les résultats en quelques jours ou semaines, mais nous assumerons la responsabilité qui nous a été confiée par le Congrès. »

Au-delà d’une pause : une révision rigoureuse
Le maintien des taux d’intérêt n’est pas perçu comme une pause, mais comme une analyse approfondie de la situation économique et des enjeux majeurs. Warsh met en garde contre une lecture à court terme. « Ce qui s’est passé aujourd’hui n’est pas la fin, mais le début de l’histoire », a-t-il affirmé. Il souligne l'importance de maintenir l'ancrage des anticipations d'inflation et de renforcer la crédibilité de la banque centrale.

Une fed moins prédictible : la fin des « forward guidance »
Warsh annonce une rupture avec les orientations futures (forward guidance) de la Fed. Il souhaite que les marchés ne puissent plus anticiper les décisions de la banque centrale. « Nous ne cherchons pas à surprendre les marchés », a-t-il déclaré, « mais à prendre les meilleures décisions possibles. » Il précise que la Fed privilégie une information plus pertinente issue des marchés plutôt que des indications préalables.

La division de la vote : une question de stratégie
La division de la vote au sein du FOMC est minimisée par Warsh, qui la décrit comme une question de stratégie et d'exécution, plutôt qu'une divergence fondamentale sur les objectifs. Avec trois votes contre, il conclut en réaffirmant l'engagement de la Fed à atteindre son mandat, malgré les incertitudes liées à l'IA et à la complexité de l'environnement économique.
Inflation et emploi : un dissonance dissidée
Warsh réfute l'idée que la lutte contre l’inflation et la préservation de l'emploi soient incompatibles. Il souligne que la meilleure façon de nuire au marché du travail serait de permettre une inflation élevée et fluctuante. La Fed reste convaincue qu’une stabilité des prix et un plein emploi peuvent coexister. »n